Compositeurs/trices

Musique française

Clément Janequin (1485-1558), né dans une famille aisée de Châtellerault, compositeur de la Renaissance, chantre et prêtre, auteur d'une oeuvre considérable:chansons polyphoniques, pièces spirituelles et motets  (La Bataille de Marignan, Les Cris de Paris...)

Pierre Passereau  (1509-1547), compositeur de la Renaissance, dont on sait peu de détails de la vie, peut-être prêtre et chantre lui aussi, et aussi très connu en son temps vers 1530, auteur d'un motet et de 26 chansons parmi les plus connues de son époque comme celles de Janequin.

Charles-Marie Widor (1844-1937), né à Lyon mais d'ascendance hongroise,organiste, notamment pendant 64 ans et jusqu'à sa mort aux cinq claviers de Saint-Sulpice à Paris, professeur au Conservatoire de Paris et compositeur. Il est l'un des représentants éminents de l'école romantique post-franckiste.

Mélanie Bonis (1858-1937), née à Paris dans une famille modeste, échappe à son destin de couturière grâce à un ami professeur au Conservatoire de Paris qui la présente à César Franck.Elle peut ainsi suivre les cours d'harmonie, de piano et d'orgue.Elle prend le nom de Mel Bonis pour échapper aux préjugés hostiles de son temps envers les femmes créatrices. Elle laisse une oeuvre importante, notamment de la musique pour piano et de chambre.

Claude Debussy  (1862-1918), né à St Germain en Laye, compositeur dont les innovations harmoniques et rythmiques ont bouleversé le langage musical du 20e siècle (Prélude à l'après-midi d'un faune, La mer, Pélléas et Mélisande....). Anticonformiste, il a rejeté tous les académismes esthétiques toute sa vie.

Musique britannique et américaine

William Cornish  (1465-1523), compositeur anglais, dit Cornish le Jeune car son père était aussi compositeur, également dramaturge, acteur et poète. Il a occupé un poste prestigieux comme Master of the children, responsable des animations musicales et théâtrales à la cour et lors d'événements diplomatiques importants comme le Camp du Drap d'or, jusqu'à sa mort. Il a produit de la musique sacrée et profane vocale mais les experts ne sont pas tous d'accord sur l'attribution de ses nombreuses compositions.

William Byrd  (1539/40-1623), compositeur et organiste anglais de la Renaissance dont on a peu de sources sûres sur la jeunesse, peut-être élève de Thomas Tallis. Son premier poste identifié est celui d'organiste à la Cathédrale de Lincoln dès 1563, puis, à Londres, l'office de gentilhomme de la Chapelle Royale où il tient l'orgue avec Tallis, il chante et compose. La reine Elisabeth 1ère leur confère le privilège exclusif d'importer, imprimer, publier, vendre de la musique et d'imprimer du papier musical. La liste de ses oeuvres, liturgiques ou profanes, instrumentales ou vocales, est impressionnante. Bien que converti au Catholicisme dans ses dernières années, il peut être considéré comme un musicien de cour anglican. Egalement professeur, il a formé de nombreux musiciens de la génération suivante, tel Thomas Morley. Il est mort dans une relative obscurité.

Thomas Morley  (1557-1602), compositeur né à Norwich, organiste et théoricien de la Renaissance. Il a été l'élève du compositeur élisabéthain William Byrd qui a complété l'éducation musicale reçue à la cathédrale de Norwich. Sa carrière est très fructueuse, faite de musique sacrée, motets, antiennnes, hymnes, et profane, dont des madrigaux, des canzonets, des pièces de ballet et instrumentales.

Georg Friedrich Händel ou Haendel (1685-1759) compositeur né à La Halle en Allemagne, naturalisé anglais en 1726. Admiré du public, fréquentant l’élite intellectuelle et sociale de son époque, ce compositeur prolixe d’opéras et d’oratorios tel Le Messie apparaît à la fois comme un des derniers humanistes de la Renaissance, mais aussi comme un représentant du siècle des Lumières en Europe. Il laisse une œuvre immense et variée, d’une grande spiritualité.

Robert Lucas Pearsall  (1795-1856), compositeur anglais, surtout de musique vocale, né à Bristol dans une famille aisée de Quakers et mort en Suisse. Ses premières compositions semblent l'oeuvre d'un autodidacte dont beaucoup ne seront publiées qu'après sa mort. Mais le succès de ses premières pièces pour la "Bristol Madrigal Society" l'encourage à continuer. Il est l'auteur de plusieurs articles et lettres qui ont contribué à la compréhension savante de la musique ancienne dans les traditions des églises catholique romaine et anglicane et ont aidé à rétablir le plain-chant polyphonique de la musique de la Renaissance et les chants religieux anciens dans les pays allemands et anglo-saxons. Il peut être placé dans le mouvement du romantisme britannique.

Sir Charles Villiers-Stanford  (1852-1924), compositeur irlandais né à Dublin, fils d'un éminent juriste, élevé dans un milieu très musical. Il étudie l'orgue et la composition où il révèle des talents précoces qui vont le conduire à Londres. Organiste au Trinity College de 1873 à 92, il est nommé Directeur de la Société musicale de l'université de Cambridge. Sa notoriété est assurée. Entre 1874 et 77, il passe qques semaines en Allemagne pour parfaire sa technique de composition. Il est engagé comme professeur de composition au Royal College of Music en 1883, chef du Bach Choir de 1886 à 1902, professeur de musique à Cambridge à partir de 1887. Il devient aussi chef de l'Orchestre philharmonique de Leeds de 1901 à 1909 ainsi que du Festival de Leeds de 1901 à 1910. Il meurt à Londres en 1924. Avec Parry et Elgar, il est l'un des compositeurs emblématiques de l'époque victorienne. Il laisse une oeuvre importante: symphonies, concertos, rapsodies, opéras, oeuvres chorales, musique pour les offices...

Scott Joplin  (1868-1917), né dans une famille afro-américaine pauvre mais très musicienne qui a favorisé son apprentissage du piano. Devenu  pianiste et compositeur  de musique ragtime ("The Entertainer"), il laisse de très nombreuses oeuvres: ragtimes, marches, valses, chansons, un opéra en 1911, "Treemonisha", où il rend hommage à sa mère femme de ménage et qui met en scène les problèmes de la communauté noire. La musique de Joplin représente la rencontre de deux traditions musicales: la musique classique occidentale et les rythmes et mélodies des noirs du 19e siècle.

Samuel Coleridge-Taylor (1875-1912), compositeur et chef d'orchestre britannique né à Holborn, banlieue de Londres, d'un père créole de Sierra Leone et d'une mère anglaise. Elevé à Croydon, il commence l'étude du violon et du piano au Conservatoire, puis est admis au Royal College of London pour continuer l'étude du violon et s'initier à la composition avec Sir Villiers-Stanford. Devenu à son tour professeur, notamment à la Guildhall School of Music of London, et compositeur, il accède à une certaine notoriété en 1898 avec sa Ballade en Si mineur et sa célèbre cantate pour soli, choeurs et orchestre, "Hiawatha's Wedding Feast", créée également à Boston. En tant que métis, il a du mal à s'imposer dans la vie musicale britannique mais cela le pousse à défendre la cause des Afro-britanniques et Afro-américains. Il est invité à se rendre aux USA en 1904, 1906 et 1910 où Roosevelt le reçoit. Il meurt d'une pneumonie à 37 ans en 1912 mais sa courte vie laisse une oeuvre importante et dans des domaines variés:piano, orgue, mélodies, musiques de chambre, de scène, opéras, cantate, concerto, symphonie...Tombé dans un oubli relatif, ce musicien demande à être redécouvert.

Autres pays

Giovanni Pierluigi da Palestrina  (1525-1584), compositeur italien de la Renaissance natif de Palestrina, près de Rome, considéré comme le père de la musique religieuse occidentale. Son style s'est imposé comme le modèle officiel de l'Eglise. Egalement organiste et maître de chant, ayant étudié auprès de maîtres comme Josquin des Prés, il laisse une oeuvre monumentale qui servira d'exemple encore des siècles après.

Maddalena Casulana  (1544-1590), compositrice, luthiste et chanteuse italienne de la fin de la Renaissance, première compositrice occidentale à avoir été publiée. (madrigaux...).  On sait peu de choses de sa vie. Elle est née près de Sienne en Toscane et  son premier livre de madrigaux est la première oeuvre publiée par une femme et la même année, Roland de Lassus dirige une de ses oeuvres, aujourd'hui perdue, ce qui montre en quelle estime il la tenait. Si les portraits que l'on trouve d'elle ne sont pas certains, on est sûr de sa déclaration, féministe avant l'heure,  toujours importante de nos jours, écrite dans sa dédicace à Isabelle de Médicis:..."Je veux montrer au monde, autant que je le peux dans cette profession de musicienne, l'erreur que commettent les hommes en pensant qu'eux seuls possèdent les dons d'intelligence et que de tels dons ne sont jamais donnés aux femmes".

Carlo Gesualdo  (1566-1613) ou Don Carlo Gesualdo di Venosa, compositeur et noble italien de la fin de la Renaissance, époque de l'apogée du madrigal italien. Son oeuvre, peu abondante, est presque entièrement consacrée à la voix traitée en polyphonie: 6 recueils de madrigaux et 3 recueils de musique religieuse. Sa réputation sulfureuse a largement contribué à conserver son souvenir: il a en effet assassiné sa première femme et fait assassiner l'amant de celle-ci, surpris tous deux en situation d'adultère. Le XXe siècle a redécouvert ses partitions grâce à leur puissance expressive et leur originalité et Gesualdo a inspiré de nombreux compositeurs qui voient en lui un maître fascinant bien qu'ambigu.

Josef Rheinberger  (1839-1901), compositeur et pédagogue allemand originaire du Liechtenstein. Déjà à l'âge de 7 ans, il tient l'orgue dans sa ville natale, et à 12 ans, il entre au conservatoire de Munich où bientôt il surpasse ses camarades d'études en produisant de nombreuses œuvres. À 19 ans, on lui confie un poste d'enseignement du piano et plus tard de l'orgue et de la composition, poste dont il s'acquitte presque jusqu'à la fin de sa vie. Il fait partie des compositeurs célèbres de son temps et il  se définissait comme classique avec pour modèles Bach et Mozart. Sa musique est très diversifiée et il reste le grand maître et représentant de la fin de la période classico-romantique, tombé dans l'oubli et redécouvert par les chercheurs actuels.

Autres compositeurs au fil des saisons

John Dowland  (1563-1626), compositeur et luthiste dont la première partie de vie  reste méconnue. Né en Angleterre ou en Irlande, selon les hypothèses, il va se mettre au service de l'ambassade d'Angleterre en France de 1579 à 1584 et se convertit au Catholicisme. Rentré en Angleterre, il se marie et obtient une licence de musique à l'Université d'Oxford en 1588. Après divers séjours en Italie et en Allemagne, il rentre à Londres et publie son "First Booke of Songes and Ayres".  Luthiste à la cour du Danemark de 1598 à 1606, il rentre en Angleterre et en 1612, il est enfin nommé au poste si longtemps convoité de luthiste à la cour royale d'Angleterre. Il meurt à Londres en 1626, laissant un catalogue de 220 oeuvres, de teneur souvent mélancolique: pièces chantées, psaumes ainsi qu'oeuvres instrumentales pour luth et violes de gambe qui marquent un point culminant dans la musique européenne instrumentale. 

Anton Bruckner (1824-1896) est un compositeur et organiste né dans un petit village de Haute-Autriche d'un père maître d'école. Il révèle très jeune de grands dons musicaux et peut, dès l'âge de 10 ans, remplacer son père à l'orgue paroissial. Après la mort de ce dernier, sa mère l'envoie recevoir une éducation religieuse et musicale à l'abbaye de Saint-Florian où il obtient aussi un diplôme d'instituteur. Il va composer 124 oeuvres dont une vingtaine se hisse au sommet de la production du 19e siècle. Figure éminente du romantisme allemand, sa rencontre avec Wagner en 1873 influence la composition de sa 3e symphonie. Sa musique polyphonique et théologique est desservie  par la critique et un auditoire viennois acquis à la musique de Brahms. Musicien longtemps incompris, et jugé parfois bigot naïf, il est aujourd'hui un pilier du répertoire des programmes de concerts. Grand symphoniste de l'histoire de la musique  poursuivant l'oeuvre de Beethoven, et catholique très croyant, sa majestueuse symphonie n°9 inachevée est dédiée à Dieu.

Maurice Duruflé (1902-1986), organiste et compositeur français né à Louviers. Enfant, il apprend le chant choral, le piano et l'orgue. A 18 ans, il intègre le Conservatoire de Paris mais prend aussi des cours privés avec Louis Vierne. Il devient son assistant à Notre-Dame de Paris jusqu'à la mort du compositeur mais un autre remplaçant lui est préféré. Il obtient le poste d'organiste titulaire à l'église Saint-Etienne- du- Mont à Paris. Son Requiem de 1947 présente des similitudes avec celui de Fauré mais porte aussi les influences du chant grégorien et de la musique de la Renaissance. Duruflé laisse une oeuvre immense: compositions pour orgue seul, musiques de chambre, oeuvres pour piano, pour orchestre, oeuvres liturgiques, oeuvres par opus, transcriptions....

Christoph Willibald Gluck (1714-1787) est un réformateur de l'opéra de la période classique. Compositeur né en Bavière, il montre très jeune des dispositions pour la musique et apprend le violon en dépit de son père qui souhaite le voir devenir garde-chasse comme lui. Tout au long de sa vie, il effectue des séjours à l'étranger, d'abord en  Italie de 1736 à 45 où il fait jouer son premier opéra, "Artaserse". Puis il part pour Londres, de 45 à 46, et il y fait connaissance de Haendel, mais sa musique ne plaît pas car ce dernier dit de lui qu'il "maîtrise le contrepoint moins bien que son cuisinier". Après son retour en Allemagne, il est engagé dans une troupe d'opéra italien et part en tournée en Europe; puis il se fait engager dans une nouvelle troupe de théâtre à Prague. Son opéra "La clémence de Titus" connaît un grand succès au cours d'un autre bref séjour en Italie. Fin 1752, Gluck s'installe définitivement à Vienne, jouissant d'une renommée internationale, et il enchaîne les succès. Il fait une incursion dans l'opéra-comique français, ce qui le fait évoluer vers plus de simplicité et de naturel, et il jette alors les bases de l'opéra moderne. S'ensuit une querelle avec les tenants de l'opéra italien. Revenu à Vienne, il lie connaissance avec Mozart. Il meurt à la suite de plusieurs attaques. Son influence  sur l'évolution du drame lyrique est telle que Berlioz, au 19e siècle, en fait un de ses dieux avec Beethoven. 

Dieterich Buxtehude (1637-1707) est un compositeur et organiste allemand d'ascendance danoise dont la date et le lieu de naissance restent peu sûrs, et même son portrait. C'est son père organiste qui l'initie à la musique et à l'orgue, et il est éduqué au Danemark. Longtemps organiste dans la ville danoise d'Elseneur, il part s'installer à Lubeck en Allemagne en 1668 et s'y marie avec une des filles de son prédécesseur avec qui il aura 7 filles. Sa fonction d'organiste et d'administrateur  comporte aussi l'organisation des animations musicales de la ville: déroulement musical des cérémonies, direction de l'ensemble musical, entretien des instruments, événements et concerts, veillées musicales de l'Avent, composition de morceaux à la demande des bourgeois de la ville... Ce poste prestigieux le met en contact avec bien des musiciens, dont Pachelbel. Il a aussi de nombreux élèves venus de loin, attirés par sa renommée. Le jeune Bach notamment fera à pied les 400 km entre Arnstadt et Lubeck pour prendre 3 mois de cours. Son oeuvre recensée comprend 275 pièces: cantates, oeuvres pour orgues, chorals, pièces libres, musique pour clavecin, musique de chambre. Il meurt à 70 ans en 1707. Oublié, il est redécouvert au cours du 19è siècle.

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now